Désobéissance

À travers ce récit, j’obéis en désobéissant à la consigne.
Le printemps,
Le vent venant caresser les douces joues de Clémence était d’un froid glacial. Son nez s’appropria la couleur du ciel, suivi d’un éternument qui vint rompre le silence de la forêt endormie. Près d’elle se trouvait un buisson regorgeant de baies à demi-croquées. C’était surement le petit animal caché derrière le plus grand arbre de la clairière. D’ailleurs l’écorce de celui-ci attira son attention, il était de couleur nuit, comme si les étoiles n’avaient pas eu le temps de l’éclairer le soir venu. Comme aimantées, des lucioles tournoyaient autour de lui.
Avec ce silence apeurant, ces lumières mystérieuses, ces animaux gourmands et ce vent glacial, cette forêt dégageait une ambiance très particulière. Mais Clémence ne trouvait pas de mots pour la décrire... C’était comme si elle ne voulait pas y croire, comme si ce mot ne pouvait pas sortir de sa bouche. Fatiguée, Clémence s’assit. Elle avait marché... Combien de temps ? Elle ne savait plus.
Depuis quand ? Elle ne s’en souvenait plus.
Fermant ses yeux vert tendre, elle commença à respirer plus lentement. C’était tout bonnement la première fois qu’elle prenait une pause. Avant, elle se l’interdisait. Ses cheveux noir charbon bougeaient au rythme du vent, qui gagnait en vigueur. Clémence aurait voulu s’approcher de l’arbre, mais un pas de plus et un colossal souffle l’avalerait. Pourtant une force inconnue la poussait à avancer, à surmonter ce danger. Elle pourrait refuser d’accepter cette tentation, mais la jeune fille aux cheveux noir charbon voulait s’approcher de l’arbre.
« Un pas devant l’autre » cria une voix à grand écho. « Un pas devant l’autre » répéta-t-elle. Cette fois-ci l’écho était plus fort que le précédent. Alors, prise d’assurance, elle se leva. Une aura recouvrit tout son corps, la voilà protégée. Elle voyait tout en gris-blanc et de plus en plus flou, des larmes coulaient de ses magnifiques yeux vert tendre. « Un pas devant l’autre » s’écria la voix une troisième fois. Enfin son pied toucha une herbe fine composée de ravissantes pâquerettes, l’arbre était devant elle.
Celui-ci devint luciole, alors une grande lumière émana du cœur de cette forêt. Clémence vit ses mains devenir transparentes tout comme ses yeux et le reste de son corps, elle ne voyait plus rien...
Rosée du matin,
Oh douce rosée,
Viens arroser mes roses rouges,
Et je te comblerai de baisers
Un magnifique bourgeon noir charbon, au centre vert tendre, avait éclot, signalant le premier jour de printemps.

Par Laetitia Caravias-Boidin