Obéir à l'Essence Ciel

Désobéissance
Commencer à tirer les cheveux des mots, à tirer les cheveux des idées, à tirer les cheveux des ficelles, à tirer les cheveux du nez à la place des vers.
Commencer à se perdre pour finir se trouver. Presque, mais jamais tout à fait.
Commencer à couper en quatre le souffle, les gâteaux, les mots mais jamais les cheveux. Les laisser libres. Un quart de cheveux ni rime à rien, alors qu'un quart de farine peut devenir mangeable avec du sucre et des œufs, de l'huile et de la levure.
Désobéir à la langue, aux métaphores mortes, aux expressions sur employées, que Pierre qui roule, se roule dans la mousse d'une bière, que l'araignée au plafond en descendant devienne folie d'encre. Que la nuit de Saint Denis s'éclaire de coquelicots, tant qu'à avoir trop de lumière pour apercevoir les étoiles, qu'elle rayonne et brille.
Je veux sortir des sentiers, rabattre ce qui est battu pieds nu de préférence, prendre la poudre de cheminette en escapade. Je veux sortir du fascisme de la langue, l'enrouler dans la bouche des idées, un baiser langoureux à l'amante religieuse et boire de la menthe à l'eau du canal.
Que la basilic rayonne par les yeux de ses statues immobilisant l'air un instant, revenant en avant arrière du temps. Passer au moulin et au four et sans doute à la vapeur des voiles. Je veux être libre de montrer mes
cuisses et mes cheveux, ma gorge profonde et je veux qu'elles soient libres de les cacher comme elles le souhaitent, qu'on arrête d'être le Femme que veut pour nous la société. Je veux qu'on soit nu et ou trop habillé quand on chante notre propre chant. Que chacun laboure le sien. Je veux faire des fautes d'orthographe et de goût, jongler avec le feu des bolas et celui des synonymes. Je veux que ma terre d'accueil, moi qui vient d'un mélange d'improbable mathématiques 1⁄4 pied noir 1⁄4 québecoise 1⁄4 des garrigues 1⁄4 homme 1⁄4 princesse -oui ça fait trop sans doute de moi même pour le monde et encore j'ai oublié et j'ajoute 1⁄4 mère, 1⁄4 udothécaire, 1⁄4 modèle, 1⁄4 libraire... Je que ma terre soit d'accueil.
Dévoreuse de mots et de sourire, d'histoires et de plaisirs. Héroïne de mon histoire, figurante ou secondaire dans la votre... Je veux être tout à la fois et sans limites déborder comme une crue des cadres de ma pensées et de la pensée convenue de la société en dessinant des princesses sur vos murs, des éclaboussures dans vos flaques et des danses dans vos rues.
Je veux rire trop fort, aimer plus encore. Je veux être totalement moi et vous permettre d'être totalement vous dans le jeu et dans la joie, dans la fournaise des indignations. Désobéir pour que les murs de nos villes se remplissent de poésie plus que de propagande. Je veux être dans mes larmes et désarmée. Je veux être dans le mouvement et avec ma langue, ma main, mon ventre apprendre à ma fille à n'obéir qu'à elle même. La balle le pied dedans par soi, la branche assise sciée, je vous le dit que d'élever sa gamine de cette manière-là. Et pourtant après Milgram et Ach qu'apprendre d'autre à nos enfants qui ait de la valeur. C'est pas avec le résultat
d'une division sur l'écran de leur transmetteur de pensée qu'il pourront lutter contre la nausée d'un bateau remis à la mer pour une histoire de frontière dessinée sur une carte. Que leur cœur leur ventre et leur tête
leurs servent de boussole plutôt qu'une ligne imaginaire ou une dette virtuel en rouge sur le compte d'une banque.
Désobéir pour vivre plus juste, plus soi, plus humain. Que nos lois soient dedans plutôt que dehors, que nos volontés soient fêtes sur la terre et ailleurs.
Amène toi sur la terre dionysienne pour y vivre plus riche des autres et des mélanges. Plus riche d'être roi ou et reine, plus riche d'être soi et son fou à la fois.
Décapiter les idées trop étroites pour n'englober qu'une partie des êtres humains. Denis sainte je suis dionysienne, avec vous et toujours mes racines sont plongées dans l'honneur des parcs, dans la franchise des
Moisins mon cœur palpite de naître, croître comme les cerisiers en fleurs de ma rue, ou ses tilleuls du Japon à ma Provence y'en a même les lavandes.
Et cet automne des noisettes sur la route de la tour Pleyel, tout un bol qu'on savouré fraîches.
Estomper les frontières des idées et des mots, choisir l'exact contraire du rang. Jouer à pierre papier ciseaux, liberté égalité fraternité sans drapeau, ni prechiprecha républicain juste avec le cœur. Goûter le carreau, le trèfle le pique et toujours toujours glisser et refuser de se laisser enfermer dans sa propre tête, son personnage et son rôle.

 

Par Edith Duhautpas